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1ère Ébauche d’un Euro Numérique

La consultation publique sur la création d’un euro numérique, lancée le 12 octobre 2020 par la BCE, vient de se conclure ; cette première phase de questionnaire cède la place à l’analyse détaillée des réponses obtenues.

En Octobre 2020, boostée par l’annonce retentissante d’un projet de monnaie numérique privée par l’un des GAFAs, la BCE s’était alors positionnée sur la création de son propre euro numérique

« L’euro appartient aux Européens et notre mission est d’en être le gardien. Les Européens se tournent de plus en plus vers le numérique dans leurs modes de consommation, d’épargne et d’investissement. Notre rôle consiste à préserver la confiance dans la monnaie. Cela suppose de veiller à ce que l’euro soit adapté à l’ère numérique. Nous devons nous tenir prêts à émettre un euro numérique si cela s’avère nécessaire. »

 Christine Lagarde – Présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE)

Pourtant à en croire les propos récents de Christine Lagarde tenus lors de l’évènement virtuel de Reuters cette semaine, l’euro digital serait bien l’un des projets de l’Europe dans les 5 années à venir. Un ralentissement de ce projet que l’Europe a souhaité mener en consultation avec le public.

Au total, 8 221 citoyens, entreprises et organisations professionnelles ont répondu à ce questionnaire en ligne. Un record pour une consultation publique de la BCE.

 « Le nombre élevé de réponses à notre enquête montre le grand intérêt que portent, en Europe, les citoyens et les entreprises à la définition d’un euro numérique.  L’avis des citoyens, des chefs d’entreprise et de l’ensemble des parties prenantes est de la plus haute importance pour nous dans la mesure où nous évaluons les cas d’usage les plus adaptés à un euro numérique. »

Fabio Panetta, membre du Directoire de la BCE et président du groupe de travail sur un euro numérique.

L’analyse complète de cette consultation publique sera publiée au printemps 2021. Une analyse qui constitue un élément important sur lequel s’appuiera le Conseil des gouverneurs de la BCE lorsqu’il décidera de lancer ou non le projet relatif à un euro numérique.

En attendant une première analyse des données brutes indique que la confidentialité des paiements figure en première place des caractéristiques requises pour un potentiel euro numérique (41%), la sécurité (17%) et la portée paneuropéenne (10%).

Le groupe de travail de l’Eurosystème, qui rassemble des experts de la BCE et des 19 banques centrales nationales de la zone euro, a identifié plusieurs scénarios dans lesquels l’émission d’un euro numérique s’imposerait :

  • hausse de la demande de paiements électroniques dans la zone euro rendant nécessaire l’existence d’un moyen de paiement numérique sans risque à l’échelle européenne ;
  • forte diminution du recours aux espèces comme moyen de paiement dans la zone euro ;
  • lancement, à l’échelle internationale, de moyens de paiement privés qui soulèveraient des préoccupations d’ordre prudentiel et menaceraient la stabilité financière et la protection des consommateurs ;
  • large adoption de monnaies numériques émises par des banques centrales extérieures à la zone euro.

Un euro numérique serait une forme électronique de monnaie de banque centrale qui, à l’instar des billets de banque, permettrait à tous les acteurs, ménages comme entreprises, d’effectuer leurs paiements quotidiens rapidement, facilement et en toute sécurité. Il existerait parallèlement aux espèces, sans pour autant les remplacer. L’Eurosystème continuera dans tous les cas à émettre des espèces.

« Un euro numérique qui combinerait l’efficacité d’un instrument de paiement numérique et la sûreté d’une monnaie de banque centrale. La protection de la vie privée serait la priorité, pour que l’euro numérique contribue à maintenir la confiance dans les paiements à l’ère numérique. »

BCE – communiqué de presse

Ce premier retour de la BCE ne donne à ce jour aucune visibilité ni sur les RGPD, sur le protocole qui accueillerait l’euro numérique, ou sur des considérations plus environnementales liées à la création d’une monnaie.

« La production constante de nouvelles espèces, rendue nécessaire par l’usure des pièces et billets ainsi que par l’inflation, a un impact non négligeable sur l’environnement, que les différentes banques centrales commencent à prendre en considération».

BDF, 2009 ; Wettstein et Lieb, 2000 ; Sveriges Riksbank, 2010

De nombreuses interrogations en suspens donc auxquelles la BCE devra répondre.

Article: Joana Foglia – Source: BCE

Auteur de l’article : Wealth Monaco