ACI MONACO

ACI Monaco: Investir pour le climat de demain

L’Association Cambiste Internationale de Monaco – l’ACI Monaco – The Financial Market Association – a célébré le jeudi 17 Juin en présence de SAS le Prince Albert II et de ses membres son 30ième anniversaire et tenu son 26ième Colloque sur le thème d’ Investir pour le climat de demain.


A l’occasion de son 30ième anniversaire, l’Association Cambiste Internationale de Monacol (ACI Monaco), a organisé une conférence en présence de SAS le Prince Albert II et de ses membres, portant sur le risque climatique, intitulée « investir pour le climat de demain » et présentée par l’économiste et Directeur Général de la Toulouse School of Economics, Christian Gollier qui fait désormais partie de la commission Blanchard – Tirole portée par le Président français Emmanuel Macron, et dont les experts sont chargés de réfléchir sur les grands défis économiques de la crise post-Covid.

Le discours d’introduction de Robert Laure, Directeur Gestion CIO chez Compagnie Monégasque de Banque (CMB) et Président de l’ACI Monaco, a fait référence au dernier vote des actionnaires de Total, dont la très forte majorité a indiqué que les investisseurs « ne sont plus disposés à être propriétaires ou créanciers d’entités ignorantes de notre environnement »

En s’adressant à SAS le Prince Albert II, Robert Laure a rappelé l’accueil de cette politique climat menée depuis de nombreuses années à Monaco par notre Souverain « qui au mieux avait reçu une gentille bienveillance, au pire un dénigrement scientifiquement étayé, et plus généralement un dédain amusé. Pourtant Vous avez et Vous tenez le cap d’un engagement et d’une volonté indéfectibles »

Robert Laure a également cité et remercié le Souverain pour la création d’un groupe de travail, mixte lancé par son Gouvernement – Monaco Finance Durable – qui ambitionne d’appliquer la politique nationale de développement durable au secteur de la finance.

« Le risque de l’investissement n’est plus seulement comptable et financier mais il est, ou doit être en conformité avec sa responsabilité sociétale »

Robert Laure – Directeur Gestion CIO chez Compagnie Monégasque de Banque et  Président de l’ACI Monaco

Présenter pourquoi et comment il faudrait intégrer le risque climatique a été la mission du conférencier Christian Gollier qui a proposé une présentation en deux parties avec une rapide énumération : des défis liés au carbone, de son prix fluctuant et même de son marché propice à la spéculation, d’une taxe carbone ou d’un système incitatif à l’étude, et des raisons qui font que la réduction des émissions carbone est essentielle.

La seconde partie a porté plutôt sur le rôle des investisseurs, des banques centrales et des épargnants afin de contribuer à cet effort collectif.

En s’appuyant sur des exemples actuels qui semblaient assez familiers à l’auditoire, Christian Gollier a ainsi pointé du doigt l’incapacité des entreprises de prendre en compte les coûts « invisibles » engendrés par la production d’un produit ou d’un service, et le questionnement des gouvernements quant à la manière d’ intégrer ce surcoût, que ce soit par le biais d’une incitation positive (bonus) ou au contraire d’une pénalité comme une taxe, un malus ou un prix du carbone fixe, afin de réduire les impacts sur la société.

Les propos de Christian Gollier ne font qu’encourager ce que l’on qualifie aujourd’hui de “comptabilité intégrée“, ou pour être plus explicite, d’un système de comptabilité qui intègrerait à la fois les externalités positives et négatives liées à la production de chaque entreprise subit par la société.

C’est en proposant un système homogène que l’on pourra à la fois inciter les entreprises à faire leur transition carbone tout en restant compétitives, car à ce jour, le bilan d’une entreprise vertueuse est pénalisé par rapport à une entreprise qui rechigne à transformer sa chaine de production et à s’acheminer vers sa transition énergétique.

C’est le cas notamment du groupe Danone dont le PDG Emmanuel Faber a tenté d’intégrer une politique environnementale créative et exemplaire, favorable aux actionnaires sur du moyen et long terme, mais qui à court terme la rendait moins concurrentielle que les autres entreprises du même secteur d’industrie.

« Il est essentiel de bien gérer la tension entre les résultats à court terme et la transformation de l’entreprise pour une création de valeur durable. Il devient urgent de tenir compte des externalités dans notre performance financière, pour permettre un dialogue éclairé avec nos investisseurs. »

Cécile Cabanis, Directrice Générale Finances, Technologie & Data, Cycles & Achats

Un sujet donc très actuel choisi par l’ACI Monaco qui a capté l’attention de toute l’assistance et ne manquera sans doute pas de donner suite à de prochaines conférences sur des sujets annexes.

Article: Joana Foglia – Photo: ACI Monaco

Auteur de l’article : Wealth Monaco

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