high-rise building under gray sky

Cartographie des risques par la BCE

Chaque année la BCE publie son guide relatif aux risques liés au climat et à l’environnement à l’intention des banques à la suite d’une consultation publique.

Nous célébrons cette semaine la 5ème année d’adoption de l‘Accord de Paris. Avec son Pacte Vert, l’Europe ambitionne de devenir le premier continent neutre pour le climat d’ici 2050. Un objectif qui ne pourra cependant se réaliser sans l’engagement du secteur financier.

On entend par “engagement” notamment la prise en compte des facteurs risques extra-financiers pouvant freiner, impacter négativement ou entrainer la perte des capitaux.  

Ces risques touchent l’ensemble du secteur financier et tous les types d’actifs. La Banque des Pays-Bas rapporte pour 2019 que 8,8 % des expositions sur prêts hypothécaires se situent dans des zones inondables d’une autre juridiction, et qu’environ 20% des expositions évaluées des établissements financiers néerlandais sur actions et obligations sont des expositions vis-à-vis de régions en situation de stress hydrique extrême.

S’agit-il de risques clairement identifiés par les établissements bancaires, et divulgués aux investisseurs ?  Ou non divulgués, car non pris en compte?

Pour reprendre la citation de Warren Buffet,  

“C’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus.”

C’est pourquoi, le cadre réglementaire européen fixe des exigences de publication visant à communiquer des informations-clés relatives aux fonds propres, aux risques et à l’exposition aux risques d’un établissement afin de renseigner adéquatement les intervenants de marché. Les déclarations concernant les risques climatiques permettent à ces derniers une évaluation plus avisée des risques physique et de transition, ce qui améliore la compréhension des implications financières du changement climatique par les établissements et les investisseurs. 

Et selon la BCE, les déclarations des banques relatives aux risques liés au climat et à l’environnement restent largement insuffisantes.

Elle publie cette année son guide qui identifie ses attentes vis-à-vis des banques en ce qui concerne une gestion prudente et une communication transparente de ces risques, dans le cadre des règles prudentielles actuellement en vigueur.

Avec ce rapport, la BCE s’efforce de fournir un instantané du niveau de divulgation des risques climatiques et environnementaux dans les Pays participants au du Mécanisme de Surveillance Unique (MSU/SSM). À cette fin, elle a évalué les risques liés au climat et à l’environnement sur la base des divulgations de 107 établissements importants et de 18 établissements moins importants au cours de l’année 2019.

Une évaluation qui constitue une base de référence pour les progrès à mener pour s’aligner avec les attentes prudentielles à venir et qui peuvent être complété par d’autres publications pertinentes, comme celles des organismes suivants : Commission européenne (COM EU) ; Autorité Bancaire Européenne (ABE) ; Réseau pour le verdissement du système financier (Network for Greening the Financial System, NGFS) ; Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (CBCB) ; Conseil de stabilité financière (CSF) ; Groupe de travail sur la communication financière liée au climat (GTCC) ; Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Deux étapes concrètes vont à présent s’ouvrir entre la BCE et les banques.

Début 2021, la BCE va demander aux banques de s’auto-évaluer par rapport aux attentes prudentielles définies dans le guide, en vue d’établir des plans d’action sur la base des résultats obtenus.

Elle passera ensuite en revue les auto-évaluations et les plans des banques, puis les remettra en cause dans le cadre du dialogue prudentiel. En 2022, elle effectuera un examen prudentiel complet des pratiques des banques, et prendra, si nécessaire, des mesures de suivi concrètes.

Au vu de l’importance croissante du changement climatique pour l’économie et des signes toujours plus nombreux de ses effets financiers sur les banques, ce prochain test de résistance prudentiel de la BCE en 2022, portera sur les risques liés au climat. De plus amples détails seront communiqués courant 2021.

Selon, la BCE, en dépit de certaines améliorations par rapport à l’année précédente, les banques doivent redoubler d’efforts pour améliorer leur communication en l’étayant sur des informations quantitatives et qualitatives pertinentes.

Article: Joana Foglia – Source: BCE

Auteur de l’article : Wealth Monaco