Michèle Pappalardo, Présidente du Comité du label ISR était reçue par SMART PATRIMOINE. Un retour sur cet interview.

Michele Pappalardo, Présidente du Comité du label ISR, a fait le point sur les évolutions à venir du label, à la suite des critiques essuyées l’année dernière. Si rien n’est encore acté, plusieurs options sont sur la table et les premières propositions au Gouvernement devraient être finalisées pour l’été 2022.

Sans changer la nature responsable du label ISR, l’aspiration de la réforme est d’affirmer un label plus lisible, avec un 3 mots d’ordre :

  • confiance 
  • clarté   
  • exigence

La nature du label ne subira pas de changements: il s’agit d’un label responsable de finance durable et non d’un label climat, contrairement à d’autres. Michele Pappalardo a notamment cité l’exemple du label Greenfin qui affiche très clairement un objectif climat, tandis que le label ISR, lui, conserve un objectif global avec une transversalité ESG.

Dans son travail d’amélioration du label, le Comité explore actuellement plusieurs voies, dont :

  1. l’exclusion : il s’agirait d’exclure les 20% des entreprises du marché les moins bien notées en ESG. Un principe qui pourrait également s’appliquer pour écarter certains secteurs avec de fortes incidences négatives. Un point délicat car il ne faudrait pas que cette exclusion freine certains leaders en pleine transition énergétique ;
  2. la mise en place d’un système de notation
  3. et la double matérialité qui est également à l’étude

Tous les fonds sont-ils “labellisables”?

Le label ISR serait-il applicable à tous les fonds (gestion passive/active) ? La question se pose en effet surtout en matière d’engagement actionnarial qui est l’un des principaux piliers du label ISR. Or les actifs et les actions que mettent en place certains fond ne permettent pas forcément de développer cet engagement actionnarial.

Faut-il donc plutôt proposer différentes versions du label ISR qui varieraient selon la nature et le fonctionnement du fonds (comme c’est la cas par exemple pour le Private Equity), au lieu de sanctionner certains fonds à cause d’une volonté d’homogénéisation du label.

Quel choix apportera le plus de lisibilité aux investisseurs ?

De nombreuses questions qui restent donc encore en suspens

Article: Joana Foglia