marchés financiers

Comment les marchés boursiers évaluent-ils les risques liés à la transition climatique?

MSCI examine dans sa dernière étude ESG, l’impact financier du risque de transition climatique sur les marchés boursiers mondiaux et constate que le climat a gagné en importance au cours des deux dernières années, avec des implications potentielles à long terme pour comprendre le comportement des marchés.


Fondements de l’investissement climatique: comment les marchés boursiers ont-ils évalué les risques liés à la transition climatique? Pour répondre à cette question, MSCI a utilisé la structure traditionnelle du modèle de risque où l’on suppose que tout impact financier observé sur les marchés est lié à une exposition au risque et à un facteur de risque. Cette structure d’analyse conduit à trois sous-ensembles:

  • quel type d’impact financier en termes de bénéfices, de cours de l’action, et de niveaux de valorisation?
  • comment mesurer ou estimer l’exposition d’une entreprise au risque de transition climatique?
  • et qu’est-ce qui motive la réévaluation des actions sur le marché?

MSCI a identifié deux types de moteurs économiques et de canaux de transmission :

Le premier concerne les politiques climatiques qui, en ciblant la réduction des émissions carbone, ont un impact opérationnel plus large sur les entreprises, qui se concrétise aux niveaux des coûts et des bénéfices. Dans ce cas, la valeur des actions des sociétés sera également impactée par les bénéfices. D’après cette étude, la performance est plus élevée pour les entreprises plus vertes ou moins intensives en carbone que pour les entreprises plus intensives en carbone.

Le deuxième moteur économique est l’effet indirect des politiques climatiques, c’est à dire, la croissance des technologies vertes et de l’innovation qui semblent conduire à une augmentation des bénéfices des entreprises ; en tant que telle la transition climat, au travers des technologies à faible émission carbone, améliore la performance des actions, en particulier dans les secteurs plus intensifs en carbone comme la construction, les matériaux et l’énergie.

Pour évaluer l’impact financier potentiel du risque lié à la transition climatique sur les bénéfices des entreprises, les niveaux de valorisation et la performance des actions, l’étude compare la valeur comptable de deux types de profils d’entreprises. D’un côté, celles détenant des actifs échoués (stranded assets) et de l’autre, des entreprises durables; l’étude montre que la différence de valorisation entre les entreprises détenant moins de réserves de combustibles fossiles et les entreprises détenant plus de réserves de combustibles fossiles s’est accrue au fil du temps.

«Cela signifie que les marchés boursiers ont commencé à considérer une décote des sociétés détenant des combustibles fossiles. Les marchés boursiers deviennent donc de plus en plus pessimistes quant à la valeur de ces actifs potentiellement bloqués. »

Guido Giese – Executive Director, MSCI Research

Afin de traduire cette hypothèse en impact en prix du le cours des actions, l’équipe de MSCI a pris le profil d’émission totale de la société, en agrégeant les scopes 1 – 2 – 3 et a importé le profil d’émission de cette société dans un modèle effecteur en tant qu’exposition potentielle au risque. Le résultat de l’analyse révèle un rendement positif cumulatif des facteurs lié au profil d’émission de l’entreprise au fil du temps, ce qui signifie essentiellement que les entreprises moyennes plus vertes ont tendance à surperformer les entreprises plus brunes.

Si cette étude démontre clairement que la transition bas carbone a un effet sur la valorisation des entreprises, elle met également l’accent sur le fait que les effets dépendent du profil de l’entreprise, car l’impact est plus fort sur les entreprises très intensives en carbone et sur les entreprises très vertes. La question pour les investisseurs est d’identifier si cette tendance s’élargira à toutes les sociétés du marché boursier et si elle durera dans le temps.

Le rapport peut être commandé à MSCI ici

Article: Joana Foglia – Source : MSCI

Auteur de l’article : Wealth Monaco