Credit Suisse est la sixième grande banque internationale à introduire dans son règlement, une politique d’exclusion du financement d’entreprises et de projets d’exploration et d’extraction en haute mer (deepsea mining).

financement extraction haute mer

Alors que les précieux gisements de minéraux précieux se raréfient sur terre, les sociétés minières se tournent vers une nouvelle zone d’extraction : les océans.

Jusqu’à 100 000 M/tonnes de cuivre et 5,7 M/tonnes d’or se trouvent à 1 500 mètres sous la mer de Bismarck au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

On estime qu’environ 1,8 million de M/tonnes de zinc, ainsi que du cuivre et de l’argent, se trouvent sous la mer Rouge dans le gisement Atlantis II Deep.

Le fond de l’océan Pacifique regorge de minéraux de terres rares nécessaires à l’électronique. Selon une estimation, ses dépôts se situeraient entre 80 et 100 milliards de M/tonnes.

Les eaux entourant les îles Cook dans l’océan Pacifique Sud sont estimées à 10 milliards de M/tonnes de nodules de manganèse. Les nodules contiennent également du cuivre, du nickel et des minéraux de terres rares.

Un groupe Israelien a estimé à presque 2 milliards de M/tonnes la quantité de phosphate présente à une profondeur de 300 mètres au large des côtes de la Namibie.

Bien que la valeur de ces extractions soit estimée à 150 000 milliards de dollars, rien qu’en gisements d’or, déjà six banques se sont engagées à bannir le financement de l’exploitation minière en haute mer :

  • les britanniques Lloyds, NatWest et Standard Chartered,
  • la banque néerlandaise ABN Amro et
  • le groupe espagnol Banco Bilbao Vizcaya Argentaria

Après des années d’engagement et des mois d’intenses discussions avec la Fondation Ethos, ShareAction et les 11 investisseurs institutionnels qui ont déposé une résolution d’actionnaires sur le changement climatique plus tôt cette année, le Credit Suisse a enfin annoncé qu’il introduirait :

  • de nouvelles restrictions liées au financement des sables bitumineux et du pétrole et du gaz de l’Arctique ;
  • de nouvelles restrictions autour du Deep Sea Mining ;
  • et un vote consultatif sur son rapport de développement durable aux actionnaires en 2023.

Les politiques d’exclusion de Crédit Suisse qui s’appliquent tant au financement d’un projet que des entreprises.

Cette mesure reste cependant insuffisante selon l’ONG ShareACtion, pour « restaurer la réputation de la banque auprès des investisseurs après une série de controverses auxquelles elle a été confrontée, et qui ont soulevé des questions sur ses processus d’évaluation et de gestion des risques.» Cependant c’est une démarche à saluer et à propager auprès de des acteurs financiers, si l’on souhaite sauver le poumon de notre planète.

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Article: Joana Foglia