Le groupe UBS a réalisé une enquête sur la confiance des investisseurs afin de connaitre leurs positions en période de COVID-19.

Cette enquête réalisée dans 14 pays, entre le 1er et le 20 avril 2020 auprès de 2.928 investisseurs et 1.180 entrepreneurs, prend en compte les actifs investissables d’au moins 1 million USD pour les investisseurs, et d’un chiffre d’affaires d’au moins 1 million USD pour les entrepreneurs (avec au moins un employé autre qu’eux-mêmes).

L’échantillonnage mondial aboutit à deux constats:

•Près de la moitié des investisseurs interrogés prévoient de maintenir leurs portefeuilles d’actions au même niveau au cours des six prochains mois, tandis que 37 % envisagent d’augmenter leurs investissements

• C’est aux États-Unis que l’optimisme a le plus baissé quant aux perspectives économiques régionales à court terme, tandis que l’Europe (hors Suisse) enregistre le recul le plus faible

Avant de passer plus en détail sur les données de cette enquête, UBS s’interroge en parallèle sur les meilleurs investissements possibles dans un monde à la fois plus endetté, moins globalisé et plus numérique :

  • Face à l’endettement des pays, UBS conseille de réévaluer l’exposition aux liquidités et aux obligations, et de rechercher des diversificateurs alternatifs.
  • Le populisme et le protectionisme qui émergeront sans doute de cette crise, devra amener les investisseurs à envisager une diversification globale de leur portefeuille, notamment dans l’automatisation et la robotique.
  • Enfin, la vague de digitalisation provoquée par le Covid-19 va certainement amener les investisseurs à s’intéresser à tout ce qui est du domaine de la transformation numérique, avec une diversification des secteurs de la Healthtech, des thérapies génétiques, du e-commerce, et de la révolution alimentaire

70 % des personnes interrogées se disent optimistes quant aux perspectives économiques à long terme de leur région, soit un taux pratiquement inchangé par rapport à l’enquête précédente il y a trois mois.

46 % se montrent optimistes quant aux perspectives à court terme, contre 67 % lors de l’enquête précédente. La part des investisseurs exprimant un optimisme à court terme a chuté de façon plus marquée aux États-Unis, de 68 % à 30 %, tandis que l’Europe hors Suisse enregistre la moins forte baisse, de 58 % à 50 %. La part des investisseurs optimistes est passée de 71 % à 55 % en Asie, de 60 % à 49 % en Amérique latine, et de 47 % à 28 % en Suisse.

Au niveau mondial, 47 % des investisseurs prévoient de maintenir leurs placements en actions au même niveau dans les six prochains mois, contre 37 % qui prévoient d’augmenter leurs investissements. En outre, 23 % estiment que le moment est propice à l’achat d’actions et 61 % voient une opportunité d’investissement si les actions reculent de 5 à 20 % supplémentaires.

En général, les entrepreneurs se montrent également positifs sur les perspectives à long terme et gardent la volonté d’investir dans leurs propres entreprises. 61 % se disent optimistes pour leur entreprise, contre 73 % lors de l’enquête précédente. 27 % envisagent d’embaucher davantage, contre 17 % qui prévoient de réduire leurs effectifs. L’écart le plus important entre ceux qui prévoient d’embaucher et ceux qui envisagent de réduire leurs effectifs est observé en Amérique latine (22 points de pourcentage), et l’écart le plus faible en Suisse (2 points de pourcentage).

Le COVID-19 est la principale préoccupation mentionnée tant par les investisseurs (57 %) que par les entrepreneurs (60 %).

« 96 % des investisseurs dans le monde nous disent que COVID-19 a eu des implications sur leur style de vie. Plus de la moitié suivent des directives sur la distanciation sociale, évitent les foules et ne voyagent plus. Néanmoins les opinions divergent sur la pire phase de cette crise ; un tiers pense que celle-ci aura lieu en juin, un tiers en automne, et le dernier tiers pense que ce ne sera pas avant la fin de l’année. »

Paula Polito, vice-présidente de la division UBS Global Wealth Management

États-Unis

Seuls 35 % des investisseurs américains sont optimistes quant à l’évolution des actions américaines sur les six prochains mois, contre 64 % il y a trois mois. Toutefois, les investisseurs américains sont plus enclins à voir dans la période actuelle une opportunité d’achat (33 %). 40 % des investisseurs américains pensent que le plus dur de la crise sanitaire sera passé d’ici la fin juin, et 28 % d’ici la fin septembre.

Amérique latine

42 % des investisseurs latino-américains prévoient d’investir davantage au cours des six prochains mois, une proportion supérieure à la moyenne mondiale (37 %). 47 % se disent optimistes quant à leur marché boursier, ce qui les place parmi les plus optimistes (en 2e position), tandis que 42 % estiment que le plus dur de la crise sera passé d’ici la fin juin, la proportion la plus élevée toutes régions confondues.

Europe

46 % des investisseurs européens sont optimistes quant aux actions européennes, contre 57 % précédemment, mais 43 % prévoient d’augmenter leurs investissements, ce qui est le taux le plus élevé parmi toutes les régions. 41 % d’entre eux s’attendent à ce que le plus dur de la crise sanitaire soit passé d’ici la fin du mois de juin, une seule autre région se montrant plus optimiste.

Suisse

Comme leurs homologues dans le reste de l’Europe, les investisseurs suisses sont devenus plus prudents. 35 % prévoient d’investir davantage en actions au cours des six prochains mois, et 30 % estiment que le plus dur de la crise liée au COVID-19 sera passé d’ici la fin juin, une proportion en dessous de la moyenne mondiale.

Asie

51 % des investisseurs asiatiques se disent optimistes quant aux perspectives à six mois des marchés actions de leur région – le taux le plus élevé parmi toutes les régions couvertes. 85 % estiment que la pandémie sera terminée d’ici la fin du mois de juin, septembre ou décembre, l’un des pourcentages les plus élevés au monde.