L’Assocaition Internationale des Echanges d’Actifs Digitaux (IDAXA)a annoncé la semaine dernière la publication du protocole OpenVASP, un cadre qui devrait conduire l’industrie à se conformer aux normes réglementaires établies par le Groupe d’action financière(GAFI).

Coinfomania a interviewé Ronald M. Tucker, directeur de l’IDAXA, afin d’obtenir plus de renseignements sur le chemin pris vers le respect des normes réglementaires, les progrès réalisés jusqu’à présent et les raisons pour lesquelles la présence de la réglementation ne peut qu’être de bon augure pour l’industrie.

Comment l’idée de l’IDAXA a-t-elle été conçue et quel est le progrès jusqu’à présent?

L’IDAXA est une organisation internationale représentant les intérêts des fournisseurs de services d’actifs virtuels (VASP).

L’Association a été créée en réponse à la publication des lignes directrices du GAFI et représente un mandat de plusieurs associations de l’industrie dans diverses juridictions.

Le Global Blockchain Forum (GBF), qui a été créé en 2015 et compte actuellement 15 pays membres, est devenu IDAXA plus tôt cette année, les organisateurs cherchant à utiliser un organisme dûment enregistré et reconnu tout en s’engageant avec les régulateurs.

Vingt échanges de crypto, dont Coinbase, Kraken, Bitfinex, Circle et Huobi, ont participé au sommet du V20,qui a conduit à la formation de l’IDAXA par les six associations industrielles représentées.

Jusqu’à présent, les trois réalisations importantes qui ont suivi le sommet, selon Ronald Tucker comprend, le protocole d’accord (MoU) signé pour former IDAXA, la création de l’IDAXA comme une société limitée par garantie et une organisation à but non lucratif, et la publication récente du protocole OpenVASP.

Le GAFI et l’industrie des crypto

Pour mieux comprendre le rôle de l’IDAXA, rappelons que c’est en Juin que le GAFI a mandaté les fournisseurs de services d’actifs virtuels (VASP), principalement des crypto-échanges, pour partager les informations sur les bénéficiaires et les expéditeurs lorsque les transactions passent par leur plate-forme.

Pour répondre à cette exigence, autrement connue sous le nom de «travel rules», il faudrait l’existence d’un système mondial similaire à ce que SWIFT fait pour les banques mondiales, comme Ronald Tucker l’a expliqué dans l’interview.

En Avril, l’industrie composée de 45 entreprises différentes représentées par des associations membres s’est réunie à Vienne aux Nations Unies pour une consultation avec l’industrie privée. Il en a résulté que ces entreprises se sont réunis à nouveau lors d’un sommet enJuin à la suite de l’adoption par le G20 des lignes directrices du GAFI afin de s’entendre sur la façon de respecter les lignes directrices réglementaires.

La réglementation nuit-elle ou non à l’adoption de la Crypto?

« Les régulateurs sont un élément clé de chaque industrie », a déclaré M. Ronald à la question de savoir si l’intervention des régulateurs ne trahissait pas le concept de base de la crypto-monnaie et de la technologie blockchain.

Il a en outre comparé la révolution crypto avec les médias qui passent à l’Internet, à l’évolution de l’industrie du taxi à Uber ou de l’hôtel à Airbnb.

L’une des raisons pour lesquelles les organismes de réglementation de la criminalité [financière] sont là est pour aider à protéger les consommateurs et à atténuer la criminalité financière. Et c’est une obligation que nous devons prendre au sérieux, non seulement parce qu’il est bon pour les consommateurs et pour la société dans son ensemble afin d’éradiquer la criminalité financière.

Ronald a également partagé ses réflexions sur le fait que le projet de règlementation a une incidence sur les résultats des entreprises et des consommateurs concernés.

Pour chaque violation, ou hacking – transaction frauduleuse – qui a lieu en ligne. [….] Bon nombre de ces pratiques exemplaires qui sont mises en avant par les organismes de réglementation sont les enseignements qui proviennent du secteur traditionnel. Notre industrie est sage de prendre ces leçons et de les appliquer essentiellement pour nos propres intérêts.

En collaborant avec les organismes de réglementation, il pense que l’industrie en meilleure position pour obtenir les résultats souhaités puisque « personne ne veut voir les crimes financiers avoir un impact sur leur entreprise ».

À la fin, lorsque l’industrie sera bien réglementée, il y aura une « prise en compte rapide des crypto-monnaies et une atténuation des crimes financiers ».

La réglementation ne trahit pas le concept de décentralisation de la Crypto

Alors que l’utilisateur crypto ordinaire estime que la réglementation va à l’encontre du principe décentralisé et résistant à la censure du bitcoin et de la blockchain, Ronald pense le contraire.

« Les lignes directrices du GAFI signifient que notre industrie doit travailler rapidement, efficacement, telle une voix unifiée, quelle que soit sa juridiction ou sa frontière, dans l’esprit dans lequel la crypto et la blockchain existent », a-t-il déclaré au correspondant de Coinfomania Wilfred Michael.

Il croit également que le non-respect des organismes de réglementation aura une incidence négative sur les échanges et qu’il pourrait faire reculer l’industrie de cinq à dix ans.

Plutôt que de subir un tel sort, il a fait valoir une meilleure approche qui consiste à travailler avec les régulateurs et à accélérer la croissance de l’industrie ; l’adoption par le G20 de la directive du GAFI signifie que « le bitcoin fait désormais officiellement partie du système mondial de services financiers ».

Article Wilfred Michael – Source Coinfomania