La baisse des actifs douteux

Le Marché de la Dette Européenne : La baisse des actifs douteux pourrait être contrariée

KPMG fait le point sur l’évolution de ce marché en Europe de 2015 à 2020 et de l’exposition des banques européennes


KPMG vient de réaliser une étude approfondie sur le marché des créances et actifs douteux en Europe intitulée Navigating European Distressed Markets. Cette étude s’intéresse à l’évolution de ce marché entre 2015 et 2020 et à l’exposition des banques européennes avant et pendant la crise de la Covid-19.

L’exposition des banques aux crédits et actifs douteux en forte baisse entre 2015 et 2020

Les données analysées par KPMG montrent que le stock de créances douteuses dans les principales économies de l’Union Européenne a baissé de 53,5 % entre 2015 et septembre 2020.

En 2020, les effets de la Covid-19 ont eu peu d’impact sur la qualité des créances, notamment grâce aux moratoires de remboursements mis en place et aux aides et garanties des États. Toutefois, les chiffres montrent des niveaux d’exposition au risque très différents selon les pays. Entre septembre 2019 et septembre 2020, le taux de créances bancaires douteuses était ainsi de 5,3 % en Italie, de 24 % en Grèce, de 2,1 % en France et de 1,1 % en Allemagne.

En décembre 2020, la Commission européenne et la BCE ont mis au point un plan d’action concernant les créances douteuses, qui préconise notamment le développement des marchés secondaires d’actifs en détresse, une réforme des législations européennes sur l’insolvabilité et le recouvrement de créances, un soutien à la création de structures spécialisées dans la gestion de ce type d’actif (Asset Management Companies – AMC) et la création de schémas spécifiques de garantie de l’État concernant le transfert de portefeuilles de créances douteuses, à l’exemple de l’Italie (GACS) ou de la Grèce (HAPS).

Un risque de rebond du montant des créances douteuses entre 2021 et 2022, au niveau européen

S’il apparaît que les banques ont su orchestrer une baisse très significative de leur exposition aux créances et actifs douteux depuis 2015, au niveau européen, les projections de KPMG laissent entrevoir un risque de fort rebond des créances douteuses en 2021 et 2022. Leur rythme de progression dépendra notamment de certains facteurs clés, comme la qualité de la reprise économique, l’ampleur des plans de relance et la durée du maintien des aides d’Etats.

Selon KPMG, le stock de créances bancaires douteuses (Non Performing Loans – NPL) pourrait atteindre 588 milliards d’euros en 2022, soit une croissance de 41 % par rapport à septembre 2020. Le taux de créances douteuses dans les livres des banques pourrait se situer dans une fourchette comprise entre 4,3 et 5,2 %, contre 3,2 % en 2020. Les pays les plus touchés par cette explosion possible des NPL seraient l’Italie (+ 56 %), l’Espagne (+ 45 %), le Portugal (+ 94 %) et l’Irlande (+89 %).

Face à cette croissance prévisible des actifs et créances douteuses, l’étude de KPMG anticipe un regain d’intérêt de la part des acquéreurs et des gestionnaires de dettes, un marché qui a plus que doublé depuis 2013. Ce secteur devrait également susciter un attrait de plus en plus vif de la part des investisseurs, comme le confirme l’intensité des transactions sur le marché secondaire.

Le rapport de KPMG peut être demandé ici

Source: KPMG – Navigating European Distressed Markets

Auteur de l’article : Wealth Monaco