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La Banque de France évalue les risques financiers liés à la biodiversité

Le dernier rapport de la Banque de France sur les risques financiers associés à la perte de la biodiversité


La Banque de France vient de publier un rapport intitulé – Vers une estimation des risques financiers liés à la biodiversité en France – qui explore les risques financiers liés à la perte de la biodiversité (biodiversity-related financial risks, BRFR).

Dans un premier temps, ce rapport propose un cadre analytique permettant de saisir la dynamique des BRFR, insistant sur la complexité et l’incertitude en jeu, ainsi que la substituabilité limitée du capital naturel.

Il vise ensuite à quantifier les dépendances du système financier français à différents services écosystémiques, et de ses impacts sur la biodiversité. Les premières estimations quantitatives chiffrent à 42 % le montant des actions et obligations détenues par des institutions financières françaises émises par des entreprises fortement ou très fortement dépendantes d’au moins un service écosystémique. L’empreinte de la biodiversité terrestre accumulée au cours du temps (empreinte dite « statique ») du portefeuille analysé serait ainsi comparable à la perte d’au moins 130 000 km² de nature « vierge », ce qui correspond à l’artificialisation totale de 24 % de la surface de la France métropolitaine.

La banque centrale des Pays-Bas avait également fourni en 2020 une première évaluation nationale de la manière dont les institutions financières sont exposées aux différents risques liés à la perte de la biodiversité. Les auteurs de cette étude ont constaté que 36 % des portefeuilles d’actions cotées d’institutions financières aux Pays-Bas dépendaient fortement ou très fortement d’au moins un service écosystémique. A elles seules, les institutions financières néerlandaises ont ainsi fourni dans le monde entier, selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNU), 510 milliards d’euros de financement à des entreprises qui dépendent fortement d’un ou plusieurs services écosystémiques

L’objectif de ces études est de démontrer que la perte de biodiversité a un coût et que les stocks existants du capital naturel ne peuvent être compensés par une augmentation du capital manufacturé ou humain. C’est le cas des services de pollinisation de la faune sauvage dont le secteur financier est exposé à hauteur d’un montant de 28 milliards d’euros à des produits qui dépendent de la pollinisation.

“Les pollinisateurs peuvent être d’une grande valeur même si leurs services mesurables au PIB sont d’une valeur négligeable”

Dasgupta, 2021, (p. 324)

La mise à jour d’une étude précédente élaborée par Costanza et AI permet de réévaluer la valeur annuelle des services écosystémiques (y compris l’eau potable, ou la pollinisation entre autres) qui s’élève à 125 000 milliards de dollars, soit environ 1,5 fois le PIB mondial.

Pour faciliter la compréhension de ces risques, la Banque de France propose dans son rapport, quelques représentations graphiques synthétiques ainsi que la méthodologie sur laquelle ce rapport a été établi.

Sur la base du cadre analytique et des estimations proposées par la Banque de France, le rapport conclue sur la nécessité de poursuivre des pistes de recherches afin de comprendre la manière dont des événements spécifiques liés à la biodiversité pourraient affecter le système financier.

La publication de la Banque de France est disponible, en version anglaise, ici.

Article: Joana Foglia – Source: Banque de France, PNUD

Auteur de l’article : Wealth Monaco