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Le secteur O&G et les enjeux climatiques

Parution de la dernière étude de Carbon4 qui s’interroge sur la capacité des gros acteurs du secteur pétrolier et gaz à s’aligner avec les accords de Paris.

Le cabinet de conseil indépendant Carbon4 a publié sa dernière étude sur secteur pétrolier en appliquant leur méthodologie Carbon Impact Analytics (CIA) visant à mesurer l’exposition des entreprises au risque de transition via une note globale (allant de A+ à E-) et différents indicateurs sectoriels.

Cette méthodologie permet d’établir le classement des entreprises de l’industrie pétrolière en fonction de leur degré d’exposition au risque de transition. Ainsi Carbon4 a pu observer les tendances historiques de leurs émissions absolues (Scope 1, 2 et 3), et évaluer les stratégies mises en place pour s’aligner avec les objectifs de décarbonation de l’économie mondiale.

La note intitulée « L’industrie pétrolière : à la hauteur des enjeux climatiques? » synthétise les résultats de la campagne d’analyse CIA menée depuis le mois de juin jusqu’en septembre 2020 sur un échantillon d’une centaine d’entreprises de l’industrie pétrolière et gazière.

Elle met en exergue le défaut de reporting du scope 3 qui représente 85% des émissions totales, rappelant l’urgence d’une prise de conscience du secteur pétrole et gaz de leur impact réel.

Rappelons que pour le secteur O&G, les émissions Scope 3 correspondent uniquement aux émissions en aval liées à la combustion des produits gérés par l’acteur. La méthodologie de Carbon4 se fonde sur une étude de la valeur ajoutée, qui attribue une sorte de quotepart à chaque acteur de la chaine, afin de dissocier les émissions et d’éviter les doublons.

« En termes d’émissions absolues, l’acteur pour lequel on calcule la plus grande quantité d’émissions de GES en aval est Gazprom, le géant gazier russe. En effet, avec 3 574 millions de tonnes de CO2, ses émissions Scope 3 représentent près de 30% des émissions Scope 3 de l’échantillon. A noter que Gazprom est responsable d’environ 12% de la production mondiale de gaz, et possède aussi de nombreux gazoducs en Europe. »

Carbon4

Autre point important de cette étude : 1 entreprise sur 3 a vu ses émissions absolues augmenter en 2019 par rapport à 2014 ce qui va à l’encontre des efforts de décarbonisation pour respecter l’agenda de 2030 ; quant à celles qui ont réduit leurs émissions, les acteurs ne semblent pas encore guidés par la volonté de transformer leur activité et de réduire leur impact.

« Rien ne nous permet de relier ces réductions à une réelle volonté d’atténuer son impact climatique sur la durée.Ces réductions sont surtout liées à la recherche de rentabilité à court-terme et de stabilité financière, ou encore à des changements structurels au sein des marchés sur lesquels opèrent les acteurs. Une vue d’ensemble sur le cours du brut peut aider à comprendre les variations observées. »

Carbon4

C’est l’entreprise indienne ONGC Videsh qui ressort comme la meilleure élève de cette étude avec un résultat encourageant entre le ratio de ses émissions et de sa production sur les 5 dernières années, de son mix produits composé à moitié de gaz (52%), et de son activité de transformation des gaz associés en produits dérivés à valeur ajoutée, répondant ainsi aux exigences fixées par les Nations Unies de favoriser une économie circulaire.

Globalement, au niveau du risque de transition, les 5 sociétés les mieux placées sont ENI, NESTE, REPSOL, TOTAL, et EQUINOR qui adoptent des stratégies de réduction carbone à long terme, en opérant une réorientation de leurs investissements vers des activités moins dépendantes des ressources fossiles.

Une analyse du secteur O&G à découvrir ici

Article : Joana Foglia

Auteur de l’article : Wealth Monaco