Les attentes des investisseurs envers le secteur bancaire

En réponse au changement nécessaire dans le secteur bancaire afin d’aligner l’économie réelle sur l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050, l’IIGCC a développé un court rapport intitulé “Attentes des investisseurs envers le secteur bancaire” signé par 35 investisseurs (représentant collectivement 11.000 milliards de dollars d’AuM / conseils) et envoyé à 27 des plus grandes banques du monde.


Ce groupe d’investisseurs de premier plan a listé les attentes des investisseurs envers le secteur bancaire par le biais du Groupe d’investisseurs institutionnels sur le changement climatique (IIGCC), incitant les banques à fixer des objectifs de neutralité carbone pour 2050 et des objectifs intermédiaires clairs, à intensifier la finance verte et à se retirer des projets qui ne parviennent pas à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Le GIEC estime que 3.800 milliards de dollars d’investissements sont nécessaires chaque année pour réaliser une transition à faible émission carbone pour les investissements – rien que du côté de l’offre – dans les systèmes énergétiques. Alors que le secteur bancaire a un rôle essentiel à jouer pour aligner l’économie réelle sur l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 – ou plus tôt – et de limiter le réchauffement à 1,5 degré, 60 des plus grandes banques du monde ont financé depuis l’Accord de Paris, 3.8 milliards de dollars aux entreprises dans les combustibles fossiles, avec des niveaux de 2020 supérieurs à ceux de 2016.

Le groupe d’investisseurs convoqué par l’IIGCC expose à présent ses attentes quant à la manière dont les banques devraient démontrer leur alignement sur l’accord de Paris.

La liste complète des banques ciblées dans cette campagne sont : Agricultural Bank of China, Bank of America, Bank of China, Bank of Montreal, Barclays, BNP Paribas, China Construction Bank, CIBC, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, Groupe Crédit Agricole, HSBC, Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), ING Bank, JP Morgan Chase, Mitsubishi UFJ FG (MUFG), Mizuho FG, Morgan Stanley, Royal Bank of Canada (RBC), Scotiabank, SMBC Group, Société Générale, Toronto Dominion (TD), UBS et Wells Fargo

Les attentes des investisseurs définissent les domaines d’action pour les banques qui commence par un engagement public à devenir neutre en émisisions carbone d’ici 2050, à définir des objectifs intermédiaires précis, à refuser le financement d’entreprises qui ne montrent aucune preuve de transition, et à faire monter en puissance la finance verte. Ceci comprend:

  • Pour l’engagement à devenir neutre en émissions carbone d’ici 2050, que les émissions indirectes soient ramenées à zéro d’ici 2050 (scope 3), car l’essentiel des émissions des banques est associé aux services financiers, y compris les prêts commerciaux de projets et de détail; la banque d’investissement; le négoce de titres; etc.
  • Que la responsabilité du conseil d’administration soit engagée et que la rémunération soit alignée sur la livraison de cet objectif de neutralité carbone, avec des états financiers reflétant la transition bas carbone.
  • Que la publication soit en accord avec les recommandations du TCFD, d’effectuer un reporting sur les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités de financement, et d’intégrer les risques climatiques significatifs dans les comptes publiés.
  • Que des critères explicites soient définis pour refuser le financement d’activités mal alignées en comparaison avec d’autres acteurs du secteur / de cette même industrie.

Les investisseurs exhortent les banques à cesser les activités génératrices d’émissions dues à la déforestation et au changement d’affectation des terres ainsi qu’au financement des combustibles fossiles. Ils demandent aussi que les banques ne s’appuient pas sur des technologies d’émissions négatives non prouvées, et que les émissions évitées résultant de la finance verte ne soient pas utilisées comme compensations.

“Il est urgent que les banques accélèrent les actions pour soutenir les objectifs de l’Accord de Paris. Avec l’augmentation du financement des énergies fossiles depuis 2016, le moment est venu d’agir. (…) Les engagements nets zéro n’auront pas l’impact nécessaire tant que les priorités des gestionnaires d’actifs et des propriétaires d’actifs resteront axées sur leurs portefeuilles plutôt que sur leurs émissions directes”.

Stephanie Pfeifer, CEO, Institutional Investors Group on Climate Change

Le lancement de ce rapport sur les attentes des investisseurs décrit des actions significatives, pour le secteur bancaire, axées sur l’obtention d’un impact positif sur notre monde. Il s’agit d’une opportunité pour les banques de jouer un rôle de premier plan dans la conduite de la transition vers la neutralité carbone. Alors que cinq ans se sont déjà écoulés depuis l’Accord de Paris, «le discours doit être remplacé par l’action».

Les banques sont le moteur de l’activité économique. Par le biais des activités de prêt, de banque d’investissement et de conseil, les banques jouent un rôle central dans l’allocation des capitaux. Le problème auquel nous sommes confrontés aujourd’hui est que trop de banques ne prennent pas en compte les dommages climatiques lorsqu’elles prennent des décisions de financement, et trop d’argent est investi dans des activités à forte intensité carbone dont nous devons absolument nous éloigner. (…) Ces attentes des investisseurs envoie un message sans équivoque: le capital doit commencer à changer maintenant, pas demain, si nous voulons protéger notre avenir collectif. »

Natasha Landell-Mills, Head of Stewardship at Sarasin & Partners

“Des changements spectaculaires dans le financement bancaire sont nécessaires pour atteindre les objectifs de Paris et éviter le risque systémique imminent d’un «carbon crunch» qui frappe leurs bilans. Alors que les banques s’engagent de plus en plus à atteindre une neutralité carbonet d’ici 2050, cela doit s’accompagner d’objectifs et d’actions de réductions absolues des émissions de gaz à effet de serre de 45% au cours de la prochaine décennie dans leurs portefeuilles. Cela nécessitera d’augmenter le financement des entreprises à faible émission carbone ou en transition, et de se retirer de celles qui ne peuvent pas ou ne veulent pas s’aligner sur 1,5 degré. En tant que co-auteur de ce rapport, EOS – Federated Hermes a défini les attentes des investisseurs en matière d’actions, de gouvernance et de divulgation au cœur des stratégies des banques afin de garantir des actions nécessaires pour la réalisation des émissions mondiales neutres en carbone zéro d’ici 2050. »

Bruce Duguid, Head of Stewardship, EOS at Federated Hermes

La liste complète des investisseurs soutenant les attentes des investisseurs sont : Amundi Asset Management, AP2, Aviva Investors, Brunel Pension Partnership Ltd, Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève, Candriam, Church Commissioners for England, DWS Investment UK Limited , EdenTree Investment Management, EOS at Federated Hermes (on behalf of its stewardship clients), Fidelity International, GAM Investments, Handelsbanken Fonder, Jupiter Asset Management Limited, KBI Global Investors, Legal and General Investment Management, Local Pensions Partnership Investments, Lombard Odier Asset Management, M&G Investments, Merseyside Pension Fund, Nest Corporation, Nordea Asset Management, Northern Trust Asset Management, OFI Asset Management, Öhman, P+ Pensionskassen for Akademikere, PIMCO, Rathbones Investment Management, Robeco Asset Management, Royal London Asset Management, RPMI Railpen, Sarasin & Partners LLP, SEB Investment Management, Storebrand Asset Management AS et The Cornwall Pension Fund.

Les «Attentes des investisseurs envers le secteur bancaire» sont disponibles ici

Source: IIGCC

Auteur de l’article : Wealth Monaco