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L’hydrogène: un carburant pour la transition énergétique?

«Comment l’hydrogène peut alimenter la transition énergétique» l’étude de S&P Global Ratings rapporte comment l’hydrogène participe désormais à l’approvisionnement en énergie primaire, avec une fenêtre ouverte sur la possibilité qu’il contribue aussi un jour à la transition énergétique.

La neutralité climatique en 2050 nécessite une intensification massive des énergies renouvelables et des acteurs économiques. L’hydrogène en est encore au stade d’une mise en œuvre d’un feuille de route, où des règlementations plus coordonnées, des coûts de production plus faibles et des capacités de stockage supplémentaires sont essentiels pour améliorer la technologie et multiplier les utilisations de cette énergie.

Et tandis que l’hydrogène reste coûteux et impactant, et qu’un hydrogène vert compétitif n’est peut-être pas concevable avant 2030, il n’est cepednant plus considéré comme un produit de niche dans les secteurs du raffinage, de la chimie ou des engrais, mais plutôt comme une source d’énergie primaire.

“Un rapport du Conseil de l’hydrogène suggère que l’hydrogène pourrait représenter 15% de l’approvisionnement mondial en énergie primaire d’ici 2050. Pourtant, le coût énorme de sa production est un frein potentiel. Il est plus probable que les développements de l’hydrogène durant cette décennie soient destinés à la production de véhicules de transport commerciaux, en supposant une baisse des coûts des piles à combustible.”

S&P Global Ratings Head of Infrastructure Research Karl Nietvelt

La semaine dernière, lors de la Semaine européenne de l’hydrogène, un jalon vers la décarbonisation de l’industrie des poids lourds en Europe a été franchi : une déclaration de coalition soutenue par 62 signataires pour démontrer que des véhicules à hydrogène et leur infrastructure sont prêts à être déployés.

Au total, 44 entreprises représentant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement ont rassuré leur soutien actif pour livrer entre 5.000 et 10.000 camions fonctionnant à l’hydrogène et un minimum de 100 stations de ravitaillement en hydrogène d’ici 2025, ainsi que 100.000 camions à hydrogène supplémentaires et 1.500 stations d’ici 2030.

“Aujourd’hui, tous les acteurs de l’industrie reconnaissent le rôle que joueront les camions fonctionnant à l’hydrogène dans la décarbonisation du secteur des transports: les fournisseurs, les acteurs des infrastructures et de l’hydrogène qui œuvrent pour rendre l’hydrogène propre abordable, le secteur de la logistique et les utilisateurs finaux de cette technologie. Nous continuerons à travailler dur ensemble pour avoir de nombreux camions à hydrogène sur les routes dans les années 2020.”

Valérie Bouillon-Delporte, Présidente de Hydrogen Europe.

Une première étape pour intégrer l’hydrogène dans la chaîne d’approvisionnement, qui pourrait conduire à une transition énergétique potentielle s’il devenait à l’avenir un hydrogène propre et abordable.

Aujourd’hui, 95% de l’énergie de l’hydrogène est considérée comme «grise» – c’est à dire produite en utilisant des combustibles fossiles comme le gaz naturel avec des émissions de CO2. Mais l’hydrogène «vert» produit par électrolyse, encouragé par les règlementations de décarbonisation croissantes et les objectifs d’émissions neutres à long terme, voit un développement rapide des projets d’intégration des énergies renouvelables avec électrolyseurs en Europe.

Ces mesures répondent à la stratégie de l’UE sur l’hydrogène, dévoilée en juillet dernier, avec un «accent prioritaire» mis sur l’hydrogène vert pour la plupart des secteurs à impact. L’objectif principal de l’UE est de réduire rapidement le prix de l’hydrogène propre en déployant des «usines d’hydrogène vert dédiées à la production de gigawatt».

La stratégie française pour l’hydrogène promet la plus grande capacité d’électrolyseurs d’Europe d’ici 2030, comparativement à la stratégie néerlandaise, portugaise, espagnole ou allemande récemment publiée. Tous ensemble, l’Europe et le Royaume-Uni construisent des plans ambitieux dans le domaine de l’hydrogène vert, tandis que l’Asie, comme la Corée du Sud, le Japon ou la Chine, se tourne vers une «stratégie gris-vert» qui répond au volume de la demande du marché, du moins pour la prochaine décennie, selon S&P.

Quels sont les prochains investissements et objectifs de capacité d’hydrogène d’ici 2030?

  • La France investira 7,2 milliards d’euros pour viser 6,5 GW d’ici 2030
  • Le Danemark envisage de créer un grand îlot énergétique d’une capacité éolienne offshore de 5,0 GW d’ici 2030, qui pourrait être partiellement / entièrement utilisé pour produire de l’hydrogène vert
  • Les investissements de l’Allemagne représenteront 7 milliards d’euros dans les nouvelles entreprises et la recherche et développement, avec 2 milliards d’euros supplémentaires pour les partenariats internationaux. Le gouvernement allemand soutiendra l’industrie de l’hydrogène vert pour devenir leader du marché dans ce domaine, et l’hydrogène gris / bleu pourrait également bénéficier de son soutien. L’objectif du pays est de 5,0GW, avec une capacité supplémentaire de 5GW à ajouter, si possible, d’ici 2035, mais au plus tard en 2040
  • Les Pays-Bas visent jusqu’à 4GW, avec environ 500MW installés d’ici 2025
  • La Norvège investira environ 330 millions d’euros dans les technologies vertes, y compris l’hydrogène
  • Le Portugal prévoit un investissement de 7 milliards d’euros pour 2,0GW à 2,5GW
  • L’objectif de l’Espagne est d’investir environ 9 milliards d’euros pour une capacité de 4,0GW
  • Le Royaume-Uni s’engage à investir 500 millions de livres sterling pour générer 5GW de capacité de production d’hydrogène à faible teneur en carbone d’ici 2030.
  • La Chine produit plus de 20 millions de tonnes d’hydrogène par an et représente le plus grand producteur d’hydrogène au monde (1/3 de la production totale mondiale) et la demande d’hydrogène a plus que doublé en 20 ans. L’hydrogène de la Chine provient du charbon et l’électrolyse ne représentait que 3% de l’approvisionnement total en hydrogène.
  • La Corée du Sud vise à devenir un leader mondial des voitures à hydrogène et des piles à combustible d’ici 2030.
  • L’industrie automobile japonaise sera le principal moteur du marché de l’hydrogène du pays.
  • Aux États-Unis, une stratégie nationale sur l’hydrogène n’a pas encore été annoncée et le programme du président Joe Biden comprend des politiques pour un secteur de l’énergie sans carbone d’ici 2035.

Avec ces plans massifs pour augmenter la capacité et les utilisations de l’hydrogène, le développement d’une «véritable» économie de l’hydrogène reste incertain, mais pourrait être possible, si / quand l’hydrogène deviendrait une énergie renouvelable rentable.

“Une véritable économie basée sur l’hydrogène, dans laquelle l’hydrogène, et non le gaz, est utilisé pour chauffer les bâtiments et équilibrer le réseau électrique, par exemple, apparaît donc hors de portée, au moins avant 2030. Elle nécessiterait des politiques zéro carbone et des énergies renouvelables comprenant au moins 70% à 80% du mix énergétique, étant donné que le moyen le plus rentable de décarboner est de remplacer l’énergie au charbon et du gaz par des énergies renouvelables.”

S&P Global Ratings Head of Infrastructure Research Karl Nietvelt

Article: Joana Foglia – Source : S&P Global ; H2 view ; hydrogen europe ; fch ; hydrogen concil

Auteur de l’article : Wealth Monaco