Oceans

L’Hydrographie, une science à la base d’une vaste économie

L’Organisation Hydrographique Internationale (OHI) et la Commission Internationale pour l’Exploration Scientifique de la mer Méditerranée (CIESM) ont choisi de renouveler leur accord de coopération scientifique pour les 4 prochaines années lors de la 5ème édition de la Monaco Ocean Week.


En hommage à la décision visionnaire de la Famille Grimaldi d’accueillir dès leur création les deux Organisations Intergouvernementales à Monaco, l’Organisation Hydrographique Internationale (OHI depuis 1921) et la Commission Internationale pour l’Exploration Scientifique de la mer Méditerranée (CIESM depuis 1908), les deux entités ont souhaité signer le renouvellement de leur Protocole d’Accord lors de la 5ème Monaco Ocean Week (MOW), un évènement devenu incontournable et qui allie l’engagement de longue date de la Principauté envers la recherche marine et l’utilisation durable des océans avec la participation d’experts internationaux dans ce domaine.

Les travaux de l’Organisation hydrographique internationale (OHI) ont pour but de s’assurer que toutes les mers, tous les océans et toutes les eaux navigables du monde sont hydrographiés et cartographiés, car l’environnement marin est en constante évolution, que ce soit en raison du changement climatique, d’événements extrêmes ou simplement du mouvement des marées et des courants.

Les avantages économiques d’une connaissance actualisée du milieu marin peuvent être considérables. Pour la plupart des navires par exemple, une profondeur supplémentaire de 30 cm indiquée sur une carte permet de transporter au moins 2000 tonnes de cargaison supplémentaires.

L’hydrographie est donc à la base de toutes les activités liées à la mer (frontières maritimes et maintien de l’ordre, sécurité de la navigation, recherche et sauvetage, défense et sécurité maritimes, sciences marines, infrastructure de données spatiales maritimes, modélisation des inondations et des crues dues au tsunami, navigation de plaisance) mais aussi des activités commerciales (tourisme, shipping, protection et gestion de l’environnement marin et gestion des zones côtières pour la pêche, l’aquaculture et la mariculture, ou l’utilisation des ressources marines dont les minéraux, le pétrole, le gaz, et les énergies renouvelables).                 

L’hydrographie aide les parties prenantes (états, industriels, investisseurs, chercheurs) à surveiller ces changements et à adapter leurs stratégies diverses, pour résoudre de vastes problématiques (comme l’élévation du niveau de la mer) et favoriser l’adaptation côtière durable (identification des zones de développement, infrastructures, sécurité en cas de désastre climatique…). La dernière parution de la Revue Hydrographique Internationale est consultable ici.

L’accord renouvelé entre l’Organisation Hydrographique Internationale (OHI) et la Commission Internationale pour l’Exploration Scientifique de la mer Méditerranée (CIESM) offre un cadre de coopération scientifique orienté vers :

– Le renforcement des synergies scientifiques et techniques dans leurs activités de recherche et de surveillance des eaux marines, en particulier la cartographie à haute résolution des fonds marins, la surveillance des changements dans l’environnement marin dans le contexte du changement climatique, l’utilisation de navires, d’opportunité pour obtenir des données et la contribution aux initiatives mondiales en faveur de l’océan ;

– Les échanges d’expériences en matière de renforcement des capacités, de formation et de transfert de connaissances vers leurs partenaires ;

– Des conseils techniques afin de renforcer la politique marine des organismes et conventions internationaux demandeurs.

Au cours de cet évènement, le Dr Vladimir Ryabinin, Sous-Directeur Général et Secrétaire Exécutif de la Commission Océanographique Intergouvernementale (COI) de l’UNESCO a déclaré que l’OHI, la CIESM et la COI, travailleront ensemble vers l’objectif commun d’une meilleure connaissance de l’océan mondial et de sa protection. Une volonté qui s’inscrit pleinement dans le projet mondial des Nations Unies UN Decade of Ocean Science.

Pour le Professeur Frédéric Briand, Directeur Général de la CIESM, les réseaux navals et scientifiques des deux organisations en Méditerranée pourraient unir leurs forces pour acquérir des données océanographiques liées au réchauffement climatique et aux géo-risques marins en particulier. Il a ainsi rappelé qu’il existe plus de 900 grands canyons sous-marins en Méditerranée et en mer Noire et que la Méditerranée est le troisième bassin le plus vulnérable aux tsunamis. Il a également souligné que des données actualisées et précises peuvent être utilisées pour tenter de prévoir et d’atténuer l’impact des tsunamis, et ainsi aider les populations à mieux se préparer.

Article: Joana Foglia – Source : Direction de la Communication du Gouvernement Princier de la Principauté de Monaco, OHI, CIESM

Auteur de l’article : Wealth Monaco