Ne Votez Pas! Quelqu’un Le Fera En Votre Nom

Les décisions prises lors des assemblées générales sont cruciales pour le cours de l’entreprise et implicitement pour les portefeuilles des investisseurs.

Posséder des actions d’une société implique la propriété partielle de cette société. Chaque année les sociétés cotées en bourse établissent un rapport destiné aux actionnaires détaillant les résolutions qui seront débattus au cours des assemblées générales annuelles (AGA).

Pourtant, très peu d’investisseurs, partiellement propriétaires de ces entreprises, utilisent leur droit de vote pour inculquer les bonnes pratiques aux entreprises, tandis que les décisions sont prises sans consultation et votées en leur nom.

Ces réunions sont l’occasion pour les actionnaires d’influencer la gouvernance et la stratégie de l’entreprise, de partager leur conviction et de protéger leur portefeuille sur du long terme.

Le dernier rapport de l’ONG d’investissement responsable ShareAction montre qu’en dépit de leur engagement public en faveur de l’investissement responsable, certains des plus grands gestionnaires d’actifs du monde n’utilisent toujours pas leurs droits de vote par procuration pour soutenir le progrès durable dans les entreprises dans lesquelles ils ont investi.

Le rapport a été établi en analysant les décisions de vote de 60 des plus grands gestionnaires d’actifs du monde sur 102 résolutions d’actionnaires sur le changement climatique et les questions sociales de Septembre 2019 à Août 2020.

Conclusions Générales

Les plus petits gestionnaires de fonds européens sont en tête du classement, les 17 plus performants étant tous basés en Europe. Impax Asset Management, Aviva Investors et PGGM Investments ont tous soutenu plus de 95% des résolutions analysées.

Plusieurs investisseurs américains ont amélioré leurs scores: JP Morgan Investment Management a soutenu 51% des résolutions climatiques, contre 7% en 2018/19, Wellington Management International a voté pour 62% (contre 10%) tandis que Northern Trust Asset Management a soutenu 79% (en hausse contre 21% l’an dernier).

Mais il semble y avoir peu de changement pour les gestionnaires cruciaux comme BlackRock (12%) et Vanguard, (14%), qui ont chacun soutenu moins de 15% des résolutions climatiques et sociales analysées par ShareAction cette année.

Par exemple, huit gérants d’actifs ont cité l’engagement positif de Total avec CA100 + comme une raison de voter contre une résolution appelant la société à fixer des objectifs de gaz à effet de serre alignés sur les objectifs de l’accord de Paris. De nombreux gestionnaires d’actifs ont justifié leur refus de soutenir les résolutions climatiques en faisant valoir qu’ils préféraient s’engager en privé ou que l’entreprise faisait déjà plus que ses pairs.

Trente-sept des gestionnaires d’actifs étudiés sont membres de l’initiative Climate Action 100+. En moyenne, ces investisseurs ont un meilleur bilan que leurs pairs, avec des membres soutenant 69% des résolutions sur le climat, contre 39% pour les non-membres. Mais le groupe comprend également des retardataires climatiques, avec Credit Suisse Asset Management (22%), BlackRock (11%) et Lyxor Asset Management (2%) soutenant peu de résolutions climatiques.

ShareAction a déclaré que cette divergence devrait rappeler aux clients propriétaires d’actifs que l’adhésion à des groupes d’engagement collaboratif ne garantit pas un engagement en faveur de l’investissement responsable.

Alors que Covid-19 a attiré l’attention sur le ” S ” de l’ESG, ShareAction a déclaré qu’il restait un manque d’engagement via le vote sur les questions sociales et que les propriétaires d’actifs devraient s’engager avec leurs gestionnaires pour s’assurer que l’attention requise est accordée au dépôt des résolutions sociales.

«Les fonds ESG sont de plus en plus couramment utilisés par les propriétaires d’actifs, mais la méthodologie sous-jacente à ces fonds échoue souvent à éliminer certains des pires contrevenants sur les facteurs sociaux. Pour les propriétaires d’actifs conscients du «S», cela rend l’engagement avec ces entreprises – et en particulier une gestion solide comme le vote – encore plus important. »

Martin Buttle – Co-auteur du Rapport

Sur les questions sociales, l’étude a révélé que les investisseurs ont tendance à soutenir les résolutions obligeant les entreprises à divulguer des statistiques sur la diversité, mais s’opposent à celles exigeant la divulgation des écarts de rémunération. Les seules résolutions sociales qui ont été adoptées sont toutes dans la catégorie diversité. Dans cette catégorie,

les investisseurs ont manifesté une nette préférence pour les divulgations fondées sur le sexe par rapport aux rapports liés à l’ethnicité. En moyenne, 48% des investisseurs ont soutenu la divulgation de genre, contre 29% seulement qui ont voté en faveur de résolutions demandant aux entreprises de divulguer les écarts de rémunération entre les sexes et les races.

Le rapport a également constaté que, malgré la rhétorique sur Covid-19 mettant davantage l’accent sur le “ S ” de l’ESG, il n’y avait pas eu de changement dans le comportement de vote sur les résolutions relatives aux droits de l’homme avant et après la déclaration pandémique de l’OMS, en mars 2020. En outre, aucune vote ne faisaient référence à la pandémie.

Aviva Investors a terminé 2ème du classement de ShareAction, a soutenu 98% des résolutions.

«Aviva Investors accueille favorablement le rapport ShareAction qui examine nos activités d’engagement et de vote au cours de l’année. Nous avons la responsabilité d’exhorter les entreprises à adopter des pratiques progressistes en matière de climat et de droits humains, et d’utiliser notre pouvoir de vote pour tenir la direction responsable lorsqu’elle échoue. Nous sommes heureux que les résultats de l’enquête démontrent notre engagement à prendre des mesures de vote décisives au nom de nos clients. »

Mirza Baig, responsable de la gouvernance et de la gérance chez Aviva

Article: Joana Foglia – Source: ShareAction “Proxy voting records challenge asset managers’ responsible investment claims”

Auteur de l’article : Wealth Monaco