woman holding string lights

Nouvelle Avancée de la Blockchain dans le Secteur Bancaire

Alors que le Bureau du Contrôleur de la Monnaie aux États-Unis (OCC) vient d’autoriser les banques à utiliser les stablecoins pour leurs activités de paiement, il s’agit pour les banques de pleinement réaliser le potentiel qu’offre la technologie Blockchain.

Le Bureau du contrôleur de la monnaie (OCC) a publié cette semaine une lettre clarifiant le pouvoir des banques nationales et des associations d’épargne fédérales de participer à des réseaux indépendants de vérification des nœuds (INVN) et d’utiliser des stablecoins pour mener entre autres, des activités de paiement. Si INVN peut sembler à priori effrayant, en termes plus littéraire, ce sont des noeuds capables de vérifier, de valider et de diffuser des transactions, et ainsi d’assembler les blocs de la chaîne. La base de cette techonologie qui la rend immuable et sécurisée.

Le Bureau du contrôleur de la monnaie américain s’est donc expliqué sur cette décision:

«Alors que les gouvernements d’autres pays ont mis en place des systèmes de paiement en temps réel, les États-Unis se sont appuyés sur notre secteur de l’innovation pour fournir des technologies de paiement en temps réel. Certaines de ces technologies sont développées et gérées par des consortiums bancaires et d’autres sont basées sur des réseaux de vérification de nœuds indépendants tels que les blockchains.

Le groupe de travail du président sur les marchés financiers a récemment défini un cadre solide pour inaugurer une ère d’infrastructure financière stable basée sur les monnaies, identifiant les risques importants tout en permettant à ces risques d’être gérés de manière indépendante de la technologie.

Notre lettre supprime toute incertitude juridique concernant le pouvoir des banques de se connecter à des blockchains en tant que nœuds de validation et ainsi de traiter des paiements en stablecoins au nom de clients qui exigent de plus en plus de vitesse, d’efficacité, d’interopérabilité et de coût réduits associés à ces produits.

Brian P. Brooks – Contrôleur intérimaire de la monnaie

Un point avant de poursuivre, sur les pays ayant déjà adopté les systèmes de paiement en temps réel et les enjeux de ce choix stratégique. La Suède, la Pologne, le Royaume-Uni, le Brésil, la Corée sont les plus grands acteurs de ces solutions de paiement en temps réel, mais surtout la Chine, qui a très vite adapté ses réglementations afin d’accélérer sa croissance économique.

Diverses autres raisons peuvent être évoquées pour expliquer le passage à ces systèmes de paiement en temps réel, comme notamment celle d’attirer les investissements étrangers, ou de proposer une solution inclusive pour les populations non bancarisées ou sous-bancarisées (comme c’est le cas de l’Inde et du Nigéria). Pour le Japon et le Royaume-Uni, il s’agit plutôt de favoriser l’innovation et de faire face à la concurrence dans le secteur des services de paiement. Le Brésil quant à lui a certainement recherché l’occasion de réduire l’utilisation de liquidités physiques et de contrer les événements macro-économiques, comme la perte de confiance dans la monnaie locale. Pour la Suède et la Pologne, c’est une réponse aux attentes de ses clients, très demandeurs de ces solutions, et aux menaces concurrentielles de nouveaux entrants.

Avec le système de paiement en temps réel, la transaction payée immédiatement accélère le cycle de conversion du flux de trésorerie, générant ainsi le fonds de roulement nécessaire au bénéficiaire afin de réduit son besoin de financement coûteux même à court terme.

Ces facteurs pris en compte, les défis nationaux induits par ce passage à des solutions de paiement en temps réel semblent plus évidents; les Etats-Unis ont donc choisi la technologie blockchain, au travers des réseaux indépendants de vérification des nœuds, pour renforcer les activités des banques.

Ainsi, la lettre du régulateur conclut qu’une banque nationale ou une association fédérale d’épargne peut valider, stocker et enregistrer les transactions de paiement en se servant des INVN. De même, une banque peut utiliser des INVN et des stablecoins associées pour effectuer d’autres activités de paiement autorisées. En déployant ces technologies, une banque doit se conformer à la loi applicable et à des pratiques bancaires sûres, saines et équitables.

Selon l’OCC, s’engager dans INVN au sein du système bancaire fédéral pourrait améliorer l’efficience et la stabilité des activités de paiement. Ces activités peuvent être plus résilientes que d’autres réseaux de paiement en raison de la nature décentralisée des INVN, qui permet à un nombre relativement important de nœuds de vérifier les transactions de manière fiable.

Un INVN limite également la falsification ou l’ajout d’informations inexactes à la base de données car les informations ne sont ajoutées au réseau qu’après qu’un consensus est atteint entre les nœuds validant les informations.

Cette déclaration démontre clairement la confiance des États-Unis pour la Blockchain, et implicitement pour les cryptomonnaies, ce qui va aussi dans le sens du positionnement des investisseurs institutionnels misant désormais sur le Bitcoin.

Les banques doivent cependant être conscientes des risques potentiels lorsqu’elles mènent des activités liées à l’INVN, y compris les risques opérationnels, le risque de conformité et de fraude. Les nouvelles technologies nécessitent une expertise technologique suffisante pour garantir que les banques peuvent gérer ces risques de manière sûre et rationnelle.

Mais les banques ont une expérience de la gestion de ces risques, qui sont similaires à ceux d’autres activités électroniques expressément autorisées pour les banques, y compris la fourniture de services de garde électronique, le rôle d’autorité de certification numérique et la fourniture de services de traitement de données.

Parmi les risques de conformité, l’OCC souligne que les banques devront se prémunir contre les activités potentielles de blanchiment d’argent et le financement du terrorisme en adaptant et en élargissant leurs programmes de conformité afin de garantir le respect des exigences de déclaration et de tenue du secret bancaire, et faire face aux risques spécifiques des transactions de crypto-monnaie.

La lettre de l’OCC est diponible ici

Article: Joana Foglia – Source : Swift – OCC

Auteur de l’article : Wealth Monaco