Le groupe Pictet récemment implanté à Monaco est un pionnier de l’investissement responsable.

Le groupe Pictet fait partie des premiers à avoir proposé des fonds axés sur l’environnement et l’investissement responsable innovant dès 2000.

Sa première stratégie environnementale était consacrée à la thématique de l’eau, avec le lancement du fonds Water. En Décembre dernier, ce fonds a obtenu le label ISR. Il représentait fin février 2020 un niveau d’actif sous gestion de CHF 6,027,119,959.74.

Pictet a développé également d’autres fonds sur la thématique de l’environnement comme Pictet-Clean Energy ( CHF 745,735,206.81), Pictet-Timber (Taille du fonds : CHF 458,535,996.63) et Pictet-Nutrition (Taille du fonds : CHF 595,836,517.99 et le Fonds Global Environmental Opportunities (GEO), avec un portefeuille constitué d’entreprises qui associent des références environnementales solides à des produits et des services innovants conçus pour préserver les ressources naturelles mondiales. (AuM : CHF 2,621,319,940.55), Emerging Markets Sustainable Equities et European Sustainable Equities

Les fonds de Pictet ont été audités pour l’obtention du label ISR sur 6 critères d’analyse :

– les objectifs généraux (financiers et ESG) recherchés par le fonds. Il s’agit de vérifier que ces objectifs sont précisément définis et décrits aux investisseurs et qu’ils sont pris en compte dans la définition de la politique d’investissement du fonds
– la méthodologie d’analyse et de notation des critères ESG mise en œuvre par les entreprises dans lesquelles le fonds investit
– la prise en compte des critères ESG dans la construction et la vie du portefeuille
– la politique d’engagement ESG avec les entreprises dans lesquelles le fonds investit (vote et dialogue)
– la transparence de gestion du fonds
– la mesure des impacts positifs de la gestion ESG sur le développement d’une économie durable.

Pictet Asset Management a souhaité adopter une approche durable et responsable s’encrant dans une vision à long terme pour les intérêts de ses clients. Ce qui est très innovant au sein du groupe Pictet c’est le prisme au travers duquel les facteurs ESG sont intégrés à leur critères de sélection.

Il n’est pas question de conformité mais plutôt d’une grille d’analyse plus globale qui permet de sélectionner les meilleurs partenaires et ainsi d’obtenir les meilleures performances

« En prenant en compte les critères ESG, Pictet AM cherche en effet à réduire les risques et à augmenter les rendements. L’intégration ESG devient source de performance et de valeur », précise Hervé Thiard, directeur général de Pictet AM à Paris, dans un communiqué de presse. 

Nous aurons sans doute l’occasion dans un prochain article de développer plus avant les techniques adoptées par Pictet qui repose sur un cadre, appelé PB Planetary Bounderies.

Il s’agit pour ce système de modélisation, mis en place par le Stockholm Resilience Center, d’établir des limites numériques pour les challenges climatiques et environnementaux en les convertissant en métrique.

Ainsi le modèle définit l’utilisation des ressources et les limites d’émission pour chaque industrie de l’économie mondiale – exprimées en million de dollars de revenus annuels. L’intégralité de la chaîne de production et de distribution est intégrée à ce calcul.

Prenons l’exemple de la biodiversité, qui est très parlante et permet une bonne visualisation de cette modélisation :

“La perte d’espèces animales et végétales est une menace aussi grave que le changement climatique. Notre modèle PB quantifie que, pour que les changements dans la biodiversité restent à un niveau normal, le taux d’extinction annuel doit être inférieur à 1,3 x 0,000000001 extinctions par million d’espèces pour chaque million de dollars de revenus annuels générés. En appliquant ce cadre aux constituants de l’indice mondial MSCI, nous pouvons identifier les industries qui contribuent positivement à la biodiversité. »

Source: article The water efficiency challenge

Et cette schématisation s’applique à tous les éléments de la nature qui sont impactés, dont l’eau. N’oublions pas que le stress hydrique dans certaines régions du globe s’accélère. L’incendie en Australie, dont l’impact peut être effacé aujourd’hui dans les esprits sous la déferlante du corona virus, en était un exemple majeur. L’or bleu viendra probablement à manquer si cette ressource n’est pas préservée.

Ainsi la méthodologie du PB implémentée par le Stockholm Resilience Center, suggère qu’en 2030, la demande mondiale d’eau sera de 6,900 milliards de mètres cubes (dont l’industrie utilise 5%), sachant que le monde avec une démographie exponentielle pourra vivre de manière durable, si l’industrie ne dépasse pas les 52,915 de mètres cubes par million de dollar de revenu généré.

Les investisseurs qui prennent conscience de cette réalité, vont pouvoir identifier les risques et opportunités des actifs sous-jacents et choisir d’investir dans des entreprises, ou des secteurs d’activité porteurs de solutions innovantes et pérennes.

Article : Joana Foglia

Comments are closed.