Pour la dixième année consécutive, le cabinet de conseil et d’audit PwC France et Maghreb et la DFCG1 publient les résultats de leur enquête consacrée aux priorités 2022 des Directions Financières2. Après la période 2020-2021 profondément marquée par la crise COVID, les directions financières apprivoisent dorénavant de nouveaux modes de fonctionnement, les entreprises renouant avec la confiance. Le rebond économique actuel a remis la stratégie de développement et de croissance en deuxième place sur le podium des priorités, après le pilotage de la performance et avant la gestion de la trésorerie en troisième position. 

Un développement soutenu par la croissance organique et une confiance en l’avenir 

La grande majorité des entreprises (87 %) sont confiantes voire très confiantes sur les perspectives de croissance à trois ans. La croissance organique se distingue comme le principal levier pour s’adapter au marché. Selon l’étude, 45 % des Directions Financières de grandes entreprises envisagent de s’appuyer sur les dispositifs de plans de relance ou de fonds d’innovation au niveau européen (contre 32 % en ETI/PME). 

Par ailleurs, les Directions Financières renforcent plus que jamais leur rôle de business partner pour s’adapter au marché et optimiser la performance de l’entreprise. En ce sens, 66 % des Directions Financières sont satisfaites de l’impact positif de la crise sur l’émergence de nouveaux modèles de business. Force est de constater qu’il est cependant nécessaire de maintenir le dialogue et renforcer les interactions avec le business pour 40% des répondants. 

Les Directions Financières s’adaptent aux nouveaux modes de fonctionnement 

La crise a principalement eu un impact sur le modèle de pilotage, l’organisation et la gestion du cash. L’étude souligne que 74 % des directions financières interrogées s’estiment prêtes à appréhender les défis post-crise qui nécessitent des nouveaux modes de fonctionnement. Dans ce contexte, quatre enjeux prioritaires ont été identifiés pour les directions financières : l’automatisation des processus (34 %), les nouveaux moyens de pilotage (25 %), l’adaptation des compétences (23 %) et enfin l’évolution de l’organisation (18 %). 

Si la digitalisation de la fonction finance reste l’un des leviers majeurs pour améliorer l’efficacité des fonctions back-office, cette dernière doit s’accompagner d’une refonte des processus transactionnels. 83 % des répondants envisagent ainsi d’investir dans la digitalisation de la fonction finance, et 65% prévoient de lancer ou ont déjà lancé un projet de dématérialisation fiscale. 

De plus, l’étude révèle que, pour maintenir leur performance et faire preuve de résilience, les Directions Financières (59 %) ont dû modifier et optimiser leur approche budgétaire. La crise a ainsi renforcé le suivi de la trésorerie par les DAF : 51 % d’entre eux souhaitent faire évoluer leurs outils de trésorerie, en optimisant le processus de gestion et en augmentant sur le long terme les fréquences de prévision de trésorerie (quotidienne et hebdomadaire). 

Enfin, le travail à distance a fait émerger plusieurs enjeux pour les Directions Financières, dont le développement de l’outillage, la sécurité et la confidentialité des données ou encore la coordination avec les autres équipes de l’entreprise.

« La gestion et l’encadrement des talents a été l’un des thèmes principaux abordés lors de nos discussions avec les Directions Financières. Le télétravail n’a pas eu d’impact négatif sur la productivité selon 86% d’entre elles, même si sa mise en place transforme significativement les modes de travail et de management pour certaines. Les défis pour 2022 sont de poursuivre l’appropriation de ces nouveaux modes de fonctionnement et d’augmenter les capacités et compétences digitales des équipes. »

Laurent Morel, Associé responsable des activités de conseil pour les Directions Financières, PwC France et Maghreb

La prise en compte des dimensions ESG, un enjeu de plus en plus important pour les directions financières 

85 % des Directions Financières de grands groupes (65 % au sein des ETI/PME) constatent des attentes plus fortes en termes de production et communication d’informations extra-financières. Ces attentes proviennent essentiellement des investisseurs et du management. 60 % des DAF de grands groupes ont ainsi initié un projet dédié à la mise en œuvre du règlement “taxonomie verte3”.

L’étude révèle que 90 % des DAF pensent que la communication extra-financière atteindra les critères de qualité, de robustesse et d’auditabilité en moins de 5 ans. 

L’information extra-financière sera particulièrement intégrée à trois grands domaines : la mesure et le pilotage de la performance, la communication externe et le reporting réglementaire.

« Nous constatons que les enjeux de développement durable sont désormais incontournables pour les Directions Financières. Au-delà des aspects réglementaires et de communication financière qui vont en s’accentuant, les défis sont maintenant d’intégrer ces dimensions dans le modèle même du pilotage de la performance et donc au cœur des Directions Financières. »

Laurent Morel, Associé responsable des activités de conseil pour les Directions Financières, PwC France et Maghreb

L’étude de PwC est disponible ici.

Source: PwC

1 Le réseau des dirigeants financiers

2 Plus de 400 Directeurs Financiers, répartis autour de 10 secteurs d’activité, ont répondu au questionnaire en ligne de l’étude Priorités 2022 du Directeur Financier (10ème édition) entre septembre et octobre 2021, et plus de 60 d’entre eux ont été interviewés

3 Le règlement européen « Taxonomie » vise à établir une classification des activités économiques permettant de déterminer celles qui peuvent être considérées comme « durables sur le plan environnemental » ou « vertes ». L’objectif est de réorienter les investissements vers les activités favorables à la transition énergétique et écologique, notamment celles contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique.