Rentabilité des Entreprises Européennes Post Covid mesurée par Atradius

Avec une présence dans 54 pays, Atradius le numéro 2 mondial de l’assurance-crédit a réalisé une étude, depuis la première vague de la pandémie COVID-19, sur l’évolution des durées de paiement et de recouvrement des entreprises de 13 pays européens.

Les implications de la crise sanitaire sont un défi pour les entrepreneurs, et par conséquent pour les sociétés de gestion qui réalisent des investissements dans des actifs alternatifs (ex. titres de sociétés non-cotées, actifs d’infrastructure, créances).

Les économistes prévoient une baisse du PIB mondial de 4,3 % en 2020 avec une augmentation probable des défaillances en 2021 avec une crise plus importante que celle de 2008/2009. Bien que l’impact économique de la pandémie soit sévère et rapide en 2020, les résultats du dernier Baromètre Atradius des Pratiques de Paiement montrent une Europe « frappée », mais pas « battue » par le virus.

La pandémie a pourtant plongé la zone euro dans la récession et les entreprises pourraient avoir besoin d’une intervention plus importante des pouvoirs publics l’année prochaine.

Baromètre des Pratiques de paiement Atradius – Résultats pour la France – Novembre 2020 / Délais the paiement moyen (en jours)

Une augmentation significative des retards de paiement

Tous les pays européens soulignent une augmentation des retards de paiement d’environ 66% depuis la pandémie et un allongement du DSO par rapport à avant la COVID-19.

Le Royaume-Uni est le plus touché avec une augmentation des retards de paiement de 81% par rapport à 2019. L’Europe de l’Est, affiche une augmentation moyenne de 88 % du DSO entraînant des tensions de trésorerie avec des pays plus fortement impactés comme la Bulgarie et Slovaquie.

En France, on constate une flambée des retards de paiement de leurs clients B2B, qui ont augmenté en moyenne de 78% en un an et 90% des entreprises ont connu une dégradation de leur DSO. Deux fois plus d’entreprises ont été réglées à plus de 90 jours par rapport à 2019 avec 45% des entreprises ayant attendu jusqu’à 30 jours supplémentaires pour être payées, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de 22 jours en Europe occidentale. Les délais de paiement sont désormais de 52 jours, beaucoup plus élevé que la moyenne européenne de 44 jours.

Le crédit interentreprises, première source de financement court terme

De nouvelles tendances se dégagent, les entreprises ayant adapté leurs pratiques de paiement suite au ralentissement économique. Des délais de paiement plus longs ont été accordé, principalement pour accroître leur compétitivité et booster leurs ventes. Un pourcentage d’entreprises non négligeable a accordé des délais de paiement supplémentaires pour soutenir leurs clients B2B, ayant une trésorerie tendue et souhaitant ainsi trouver une source de financement court terme.

Mêmes tendances en France avec 57% des entreprises ayant accordé jusqu’à 20 jours supplémentaires à leurs clients B2B depuis la pandémie et 30% des entreprises déclarant l’avoir fait pour les aider à faire face à des tensions de trésorerie et leur offrir une source de financement court terme.

Conséquence en chaîne, près de la moitié des entreprises françaises indiquent que cette décision a eu des conséquences négatives sur leur trésorerie pour 44% contre 38% en Europe occidentale.

La rentabilité challengée en 2021, mais les entreprises veulent rester optimistes

Malgré une augmentation spectaculaire des retards de paiement et un nombre important d’entreprises faisant état de problèmes de liquidités, les entreprises européennes restent optimistes pour l’année prochaine, bien que de nombreux pays aient décidé un second confinement.

Cette confiance apparente des entreprises est due en grande partie aux mesures d’accompagnement des gouvernements. Bien que leur approche et leur portée diffèrent, de nombreux gouvernements dans les pays étudiés ont mis en place des dispositifs de soutien aux entreprises. Le maintien de ce soutien sera vital pour de nombreuses entreprises l’année prochaine. Les défaillances d’entreprises devraient cependant fortement augmenter dans certains secteurs les secteurs du voyage, du tourisme, de l’hôtellerie et de l’événementiel étant les plus touchés.

58% des entreprises françaises misent sur une amélioration du marché domestique en 2021, un pourcentage équivalent à la moyenne d’Europe occidentale. Concernant l’économie mondiale (48% anticipent une croissance et 33% s’attendent à une baisse) et du commerce international (45% voient une croissance et 36% une dégradation).

Malgré cette confiance affichée, 46% redoutent une baisse de leur rentabilité liée à une insuffisance de trésorerie, à des difficultés de recouvrement ou l’impossibilité de maîtriser leurs coûts. Enfin, le niveau de confiance et les perspectives sont disparates selon les secteurs, avec la question centrale de la poursuite et durée des aides gouvernementales.

Des mesures renforcées pour surveiller la solvabilité

Beaucoup d’inconnues subsistent et dépendent de l’évolution du virus et de l’efficacité d’un vaccin potentiel. En attendant, les entreprises prévoient majoritairement de privilégier l’auto-assurance en renforçant leurs procédures de crédit management pour protéger leur trésorerie.

Une vraie originalité pour la France, avec 51% des entreprises qui choisissent en priorité de privilégier les échanges avec leurs clients afin d’évaluer et de suivre au plus près leur solvabilité et adapter leurs conditions de crédit. Un pourcentage nettement au-dessus de la moyenne européenne de 38%. Ce comportement se poursuivra en 2021, estimant que les états financiers sont insuffisants, avec des chiffres qui seront dégradés pour 2020 ne reflètent pas les évolutions et mesures prises face à la COVID-19. 

Article: Joana Foglia – Source: Atradius

Auteur de l’article : Wealth Monaco