durabilité des pays Robeco

Robeco publie son rapport sur la durabilité des pays (CSR)

La Covid-19 a inversé les progrès dans de nombreux domaines du développement humain, d’après le dernier classement de durabilité des pays de Robeco (” Robeco Country Sustainability Ranking ” ou CSR).


Le rapport semestriel sur la durabilité des pays (CSR) – Robeco Country sustainability ranking – indique que certains pays ont reculé en matière environnementale, sociale et de gouvernance à mesure que la pandémie ravageait les économies et nuisait à leur capacité à gérer les conséquences humaines et économiques.

Ce classement est un modèle de recherche conçu par Robeco afin de mettre à jour les caractéristiques ESG de 150 pays. Celui-ci est actualisé deux fois par an. Combiné aux ratings traditionnels des agences de notation, il est un outil essentiel d’évaluation du risque des obligations d’État pour les investisseurs.

Les pays nordiques, Suède en tête, continuent de dominer le classement semestriel

Le dernier classement publié met en évidence la domination des pays nordiques qui conservent leur position en haut du classement, avec la Suède en tête, régulièrement désignée par le rapport comme étant le pays le plus durable au monde dans l’histoire du 21ème siècle. Elle est suivie par la Finlande, la Norvège, le Danemark et l’Islande. La Nouvelle-Zélande est à la 7ème place, et le pays hors Europe le mieux classé.

Sur les 23 pays européens développés concernés par l’enquête portant sur 150 pays, 20 figurent dans le premier tercile des catégories ESG, à l’exception de la Grèce, de l’Italie et de l’Espagne, qui se classent dans le deuxième tercile.

Sur les 127 marchés émergents couverts, seuls neuf se classent dans le deuxième tercile, Singapour en tête. Les nations les moins bien classées sont les ” usual suspects ” de plusieurs pays d’Afrique mêlés à des conflits militaires : Yémen, République centrafricaine et Soudan en tête. L’Afrique du Sud (97), l’Inde (114), l’Égypte (115), le Nigeria (139) et le Pakistan (144) sont, parmi les pays les moins bien classés, ceux dans lesquels il est possible d’investir.

Deux pays se distinguent par les freins rencontrés en matière de politique climatique 

Coups portés à la lutte contre le changement climatique l’Accord de Paris, tel qu’indiqué dans deux rapports spéciaux sur la Suisse et l’Australie. 

« La politique de la Suisse en matière de lutte contre le changement climatique a reçu un coup sévère après qu’une majorité étroite de 51,6 % des votants aient rejeté une proposition de loi sur le CO2 lors d’un référendum le 13 juin. La loi envisageait diverses mesures sur le principe du pollueur-payeur, y compris une hausse des taxes sur le carburant et les billets d’avion. Cet échec a résulté d’une conjugaison de facteurs, dont la désinformation et les craintes d’une hausse du coût de la vie, et il intervient à un moment où les citoyens souffrent de la pandémie de Covid-19. »

Max Schieler, Spécialiste pays de l’investissement durable, auteur du rapport – CSR

Par ailleurs, l’Australie, dont l’économie est fortement dépendante des carburants fossiles et l’une des principales exportatrices de charbon au monde, semble ignorer les évènements climatiques extrêmes qui ont assailli le pays ces dernières années, à l’image des feux de brousse, des sécheresses et des inondations.

« Le coût de l’inaction devrait augmenter dans les prochaines années. D’après un rapport récemment publié par le Climate Council, le coût de conditions climatiques extrêmes a plus que doublé depuis les années 1970 et s’est élevé à 35 milliards de dollars australiens au cours de la dernière décennie. D’ici 2038, ces coûts pourraient augmenter à 100 milliards de dollars australiens par an. »

Max Schieler, Spécialiste pays de l’investissement durable, auteur du rapport – CSR

Le syndrome chinois

Les pays et les territoires évoluent dans le classement en fonction de l’efficacité avec laquelle ils gèrent les facteurs ESG couverts par l’étude. Hong Kong a subi la plus forte baisse sur un an et trois ans en raison de l’interférence croissante de la Chine au sein du territoire et de la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale. La Grèce a enregistré la plus forte hausse sur ces deux périodes car ce pays continue de bénéficier des réformes adoptées à la suite de sa crise financière de 2009.

Assez surprenant, l’Arabie Saoudite fait également partie des gagnants après une augmentation de l’âge de départ à la retraite des femmes, qui a eu une influence positive sur les indicateurs d’égalité des sexes et de vieillissement, et après certaines autres petites réformes sur la vie quotidienne.

« Cela ne doit pas masquer le fait que le pays présente toujours de graves déficiences en termes d’inégalité, de libertés individuelles et de droits de l’homme. »

Max Schieler, Spécialiste pays de l’investissement durable, auteur du rapport – CSR

Une anomalie notable sont les États-Unis, dont la performance constamment décevante en durabilité durant la présidence Trump leur a valu de sortir de la liste des 20 premiers pays. Classé 18ème au début de l’administration Trump, le pays se classe désormais en 21ème position avec une baisse de sa performance sur les trois dimensions ESG. 

« Cependant, avec l’investiture de l’administration Biden en janvier et le changement de direction dans divers domaines politiques, dont la signature de l’Accord de Paris, il est raisonnable de croire que cette baisse va s’arrêter, voire s’inverser avec le temps. »   

Max Schieler, Spécialiste pays de l’investissement durable, auteur du rapport – CSR

Quelle est l’ampleur de la crise sanitaire en terme de durabilité des pays?

Les effets de la crise sanitaire restent cependant encore inconnus et nécessiteront beaucoup plus de temps pour commencer à être identifiables.

« À ce stade, il est évident que la pandémie a déjà eu un impact très profond dans de nombreux domaines, inversant des années de progrès en matière de réduction de la pauvreté et d’autres domaines du développement humain. Elle a révélé et empiré certaines failles persistantes à l’image des inégalités extrêmes, des disparités sous-jacentes dans la santé, l’éducation et le bien-être social et des tensions sociales et politiques qui couvaient.

Si les économies développées ont été en mesure d’atténuer les conséquences économiques dramatiques grâce au soutien budgétaire et aux mesures monétaires massives, les pays les moins développés n’avaient pas les moyens financiers nécessaires pour protéger de la même manière leurs citoyens des difficultés économiques. (…)

Au vu de la crise humanitaire et économique persistante provoquée par le Covid-19, de la hausse des disparités et de l’érosion de la cohésion sociale, la probabilité est élevée que les troubles civils et l’instabilité politique se maintiennent, avec des répercussions sur le paysage économique et la durabilité des pays. »

Max Schieler, Spécialiste pays de l’investissement durable, auteur du rapport – CSR

Article: Joana Foglia – Source: Robeco

Auteur de l’article : Wealth Monaco