Les dernières déclarations de Larry Fink, suscitent des remous dans la communauté de l’investissement responsable.

Après avoir déclaré que BlackRock ne soutiendrait pas les investisseurs qui cherchent à microgérer les entreprises par le biais de résolutions prescriptives d’actionnaires, Larry Fink, le PDG du Groupe a exprimé lors d’un interview sur Bloomberg TV, son refus de se positionner comme une autorité de contrôle de la transition durable des sociétés de leurs portefeuilles.

“Nous n’allons pas soutenir le Scope III. Je ne veux pas être la police de l’environnement. C’est une erreur de demander au secteur privé de dire à la société toute entière que nous devons avancer vers la durabilité. Je n’ai aucun problème avec le Scope I & II mais en ce qui concerne le Scope III, cela revient à forcer les grandes entreprises, les banques et les sociétés de gestion à devenir une police environnementale.»

Président et Directeur Général du groupe BlackRock

Selon le PDG de BlackRock, globalement les entreprises ont fourni plus d’informations sur leurs émissions cette année, et l’industrie de l’énergie bouge aussi et comprend les risques environnementaux. Les considérations de ces groupes énergétiques se positionneraient plus sur la manière de séquestrer le carbone, le moyen de produire de l’hydrogène moins chère afin que cela devienne une source majeur d’énergie.

Plus tôt dans le mois, BlackRock avait également réfuter les dires des responsables de l’État selon lesquels le groupe boycottait les entreprises de combustibles fossiles en faveur de l’investissement durable.

“Nous ne boycottons pas les entreprises énergétiques. Au nom de nos clients, nous investissons dans des industries et des communautés à travers le Texas.”

Dalia Blass, responsable des affaires extérieures de BlackRock, et le directeur de la clientèle Mark McCombe

BlackRock, avec 9,6 billions de dollars sous gestion au 31 mars, a déclaré que son modèle commercial consiste à offrir une large gamme de fonds d’investissement et qu’il ne dicte pas à ses clients de stratégies particulières.

Les fonds BlackRock détenaient 6,5% d’Exxon Mobil Corp., basée à Irving, au Texas, et 8,3% de ConocoPhillips, basée à Houston, au 31 mars, faisant du gestionnaire d’actifs le deuxième investisseur des deux sociétés, selon les données compilées par Bloomberg.

« Certains clients choisissent des fonds qui excluent spécifiquement les combustibles fossiles, et la société a créé sept fonds de détail américains à cette fin. Ces fonds représentent environ 0,1 % des actifs de détail américains sous gestion. Des fonds supplémentaires restreignent certains types d’investissements dans l’énergie ou les combustibles fossiles ou donnent la priorité aux entreprises qui font progresser la transition mondiale vers une énergie plus propre. »

Président et Directeur Général du groupe BlackRock

Lors de l’interview sur Bloomberg, Larry Fink a affirmé que la transition énergétique était un point crucial pour le groupe, tout en soulignant que le problème auquel l’économie fait face actuellement est celui de l’approvisionnement énergétique et que durant les deux prochaines années d’inflation énergétique il va falloir multiplier les sources, repenser la décentralisation de la chaine d’approvisionnement et multiplier les technologies de décarbonation.

Le PDG de BlackRock a affirmé la nécessité d’avoir une taxonomie pour éviter le greenwashing, et a cité l’exemple de la taxonomie européenne qui s’est adaptée au contexte géopolitique en faisant passer le gaz d’actif brun à actif vert.

« La transition énergétique n’est pas verte ou brune ; il y a de nombreuses nuances entre les deux. »

Président et Directeur Général du groupe BlackRock

Finance durable: Larry Fink

Article: Joana Foglia